Selon la tradition, l’abbaye Saint-Pierre de Molosmes aurait été fondée par Clovis Ier (vers 466-511) au début du VIe siècle. La communauté aurait adopté par la suite la règle de saint Benoît. En 889, le roi franc Eudes (vers 852-898) confirmait à l’évêque Argrinus de Langres les possessions de son diocèse, parmi lesquelles figurait le monastère de Molosmes. Vers le XIIe siècle, la communauté se déplaça vers un site voisin, plus au sud, où elle construisit un nouveau monastère, tout en conservant l’ancien emplacement.
Parmi les reliques vénérées au monastère figurait celle de Théodechilde, fille de Théodoric Ier (vers 485-534) et fondatrice de l’abbaye Saint-Pierre-le-Vif de Sens (Yonne). L’ancienne tradition hagiographique la considérait comme une fille de Clovis, auquel était attribuée la fondation du monastère. Molosmes subit le passage des huguenots. À la suite de ces événements, en 1667, l’abbé demanda l’incorporation de l’abbaye à la congrégation de Saint-Maur, qui entreprit sa réforme et en assura la gestion jusqu’au déclenchement de la Révolution. Sur le site du premier monastère, une église construite par les moines en 1541 est conservée ; elle est aujourd’hui l’église paroissiale, sous le vocable de Saint-Marcel. Les bâtiments du second monastère, édifiés à l’époque mauriste, ont disparu et le site est actuellement occupé par une exploitation agricole.
- CHABAU, Jean-Baptiste (1883). Sainte Théodechilde, vierge, fille de Clovis. Aurillac: L. Bonnet-Picut
- DU TEMS, Hugues (1775). Le clergé de France, vol. IV. París: Brunet
- MARTÈNE, Dom (1930). Histoire de la Congregation de Saint-Maur, vol. 4. Saint-Martin de Ligugé
- PEIGNÉ-DELACOURT, Achille (1877). Monasticon Gallicanum. Paris: G. Chamerot
- PIGNARD-PÉGUET, Maurice (1913). Histoire de l'Yonne. París: Librairie de l'Histoire générale illustrée des départements
- SAINT-MAUR, Congregació de (1725). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 4. París: Typographia Regia









