Le prieuré Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, à Orléans, est d'origine ancienne. À la fin du Xe siècle, le roi des Francs Hugues Capet (940-996) fit restaurer une ancienne église dédiée à Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, auparavant connue sous le nom de Sancta Maria Puellaris, circonstance qui a conduit à rattacher ce lieu à un ancien monastère féminin.
Avant l'arrivée des mauristes
Détail du plan de Jean Fleury (1640)
Médiathèque centre-ville, Orleans
Après avoir subi une attaque des Normands (989), le fils et successeur de Hugues, Robert II le Pieux (972-1031), restaura et dota la maison, où fut établie une communauté de chanoines séculiers. En 1149, cette collégiale était tombée en décadence. Simon de Beaugency († v. 1153), l'un des seigneurs laïcs exerçant leur autorité sur la maison, obtint de l'évêque Manassès d'Orléans l'autorisation de la transformer en un prieuré dépendant de la grande abbaye bénédictine de Marmoutier (Tours), décision approuvée la même année par le pape Eugène III.
Au cours de la seconde moitié du XIVe siècle, le prieuré de Bonne-Nouvelle subit directement les effets de la guerre de Cent Ans ; la même situation se reproduisit lors du siège d'Orléans (1428-1429), laissant le site dans un profond état de déclin. Les moines se retirèrent à Marmoutier, tout en conservant nominalement le titre de prieuré. Durant la seconde moitié du XVIe siècle, les guerres de Religion aggravèrent encore son état de ruine et le site fut abandonné.
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
Détail du Plan de la ville d'Orléans (C. Inselin, 1680)
Médiathèque centre-ville, Orleans
En 1653, la congrégation de Saint-Maur s'y installa avec le projet d'y établir un collège. Elle acquit le site de l'abbaye de Marmoutier et en prit possession l'année suivante. Il ne s'agit donc pas de la réforme mauriste d'une ancienne maison bénédictine, comme c'était habituellement le cas, mais bien de la fondation d'un nouveau monastère sur l'emplacement d'un ancien prieuré abandonné. L'ensemble monastique fut entièrement reconstruit. Un épisode marquant de l'histoire de cette nouvelle maison fut l'arrivée de la bibliothèque de Guillaume Prousteau (1628-1715), donnée en 1714 à la ville d'Orléans à la condition qu'elle soit administrée par les Mauristes.
En 1790, la Révolution mit fin à la vie conventuelle de Bonne-Nouvelle, qui passa aux mains de l'État. En 1800, le site fut affecté à la préfecture du Loiret, fonction qu'il conserve encore aujourd'hui. Les bâtiments conservés correspondent essentiellement aux constructions des Mauristes, malgré les transformations réalisées depuis que l'ensemble est devenu propriété publique. L'église fut démolie en 1807.
D'après Armorial général de France (XVIIIe siècle)
Bibliothèque nationale de France
- BEAUNIER, Dom (1905). Recueil historique des Archêvechés, Évêchés, Abbayes et Prieurés de France. Vol. 1. Province ecclésiastique de Paris. París: Poussielgue
- BOUCHER DE MOLANDON, Rémi (1872). La salle des Thèses de l'Université d'Orléans. Orleans: Herluison
- HUREL, Daniel-Odon (1997). Les mauristes de Bonne-Nouvelle d'Orléans et leur bibliothèque au XVIIIe siècle. Revue d'histoire de l'Église de France. Vol. 83, n°210
- JOLLOIS, M. (1836). Mémoire sur les Antiquités du département du Loiret. París/Orleans: Jollois/Gatineau
- PEIGNÉ-DELACOURT, Achille (1877). Monasticon Gallicanum. Paris: G. Chamerot
- POLLUCHE, Daniel (1736). Description de la ville et des environs d'Orleans avec des remarques historiques. Orleans: F. Rouzeau
- SAINT-MAUR, Congregació de (1744). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 8. París: Typographia Regia
- VASSAL, M. de (1842). Recherches sur le monastère de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. Mémoires de la Société Royale des sciences, belles-lettres et arts d’Orléans. Vol. IV. Orleans: Danicourt-Huet






