Saint-Laurent de Grenoble était un prieuré bénédictin fondé hors de la ville, sur un site occupé depuis l’Antiquité par un cimetière. Plusieurs constructions s’y sont succédé, laissant des traces du IVᵉ siècle jusqu’à nos jours. Le site a fait l’objet de fouilles et d’un aménagement approprié, permettant d’en suivre l’évolution.
Le précédent du prieuré Saint-Laurent est une nécropole du IVᵉ siècle, située au nord du centre de l’ancienne ville de Grenoble, de l’autre côté de l’Isère. Plusieurs mausolées y furent construits, appartenant probablement à des familles aristocratiques. Au VIᵉ siècle, une église funéraire de plan cruciforme y fut édifiée ; elle fut remaniée au siècle suivant et décorée de peintures murales. Durant la première moitié du IXᵉ siècle, une église carolingienne à nef rectangulaire fut construite, intervention qui affecta partiellement les structures antérieures.
Le premier document conservé concernant ce lieu date de l’an 1012, lorsque des membres de la famille d’Albon firent don de l’église dédiée à Saint-Laurent, ainsi que de la crypte de Saint-Oyand, aux bénédictins de l’abbaye de Saint-Chaffre (Haute-Loire). À cette époque, l’évêque de Grenoble était Humbert Iᵉʳ d’Albon, qui occupa cette fonction à la fin du Xe siècle et au début du suivant. Le site devint alors un prieuré bénédictin et les bâtiments nécessaires à la nouvelle activité monastique y furent édifiés.
Au milieu du XIᵉ siècle, le développement de la maison monastique entraîna une période de prospérité économique, qui permit la construction d’une nouvelle église, tout en respectant dans l’essentiel la crypte primitive. Un cloître fut également bâti, adossé à l’église. Dans les années suivantes, le prieuré fit l’objet de réformes et de transformations, tout en entrant progressivement en déclin. En 1562, il subit une occupation militaire dans le contexte des guerres de Religion. En 1683, il fut supprimé en tant que maison monastique, tout en conservant son statut paroissial et ses revenus.
Après la Révolution, le site fut désaffecté et connut divers usages. Au XIXᵉ siècle, l’église fut reconnue et protégée, et une attention particulière fut portée à la crypte de Saint-Oyand, dédiée à ce saint, également connu sous le nom d’Eugend, en lien avec le courant monastique des Pères du Jura. Ces dernières années, Saint-Laurent a fait l’objet de fouilles approfondies et présente aujourd’hui, au sein de son enceinte, les vestiges des différentes constructions accumulées au fil du temps, à la suite des modifications successives. Saint-Laurent fait partie du Musée archéologique de Grenoble.
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