Abbaye de la Madeleine de Châteaudun

S Marie Dunensis / S Magdalena de Castro Duno

(Châteaudun, Eure-et-Loir)

La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun

La tradition situe la fondation de l’abbaye de la Madeleine de Châteaudun à une époque très reculée, lorsqu’une église dédiée à Saint-Jacques aurait été fondée à cet endroit par saint Aventin, évêque de Chartres († 528). On a également voulu associer son établissement à Charlemagne (748-814), ce qui expliquerait la représentation de ce personnage, entre autres, dans une galerie de sculptures qui se trouvait sur la façade et qui a disparu pendant la Révolution.

La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun

L’abbaye n’est toutefois documentée qu’à partir de 1003, lorsqu’elle était connue sous le vocable de Notre-Dame et constituait une collégiale séculière. Le changement de vocable aurait eu lieu vers 1100, à l’époque de l’épiscopat d’Yves de Chartres († 1115). L’abbaye fut réformée entre 1118 et 1120 par l’évêque Geoffroy (1115-1149), avec l’intervention de Thibaut IV de Blois (v. 1090-1152), comte de Châteaudun. Elle devint ainsi une communauté de chanoines réguliers, transformation confirmée par le pape Innocent II en 1131. Les informations concernant l’abbaye après cette période sont rares.

Vers 1461, l’abbaye fut touchée par un incendie et, peut-être à la suite des dégâts, une grande partie de l’église se trouvait en ruines en 1522. Des travaux de restauration furent entrepris, mais ils restèrent limités et ne permirent pas de restaurer complètement l’édifice. En 1536, la maison fut placée sous le régime de la commende, ce qui entraîna un relâchement de la discipline. Pour cette raison, il fut décidé en 1573 de la soumettre à la congrégation de Saint-Victor de Paris. Plus tard, en 1634, elle entra dans la congrégation de Sainte-Geneviève. En 1692, l’un des piliers de l’église s’effondra au cours d’une célébration religieuse. Un incendie toucha le monastère en 1698, puis de nouveau en 1723, lors du grand incendie de la ville de Châteaudun.

La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun

Les bâtiments conventuels tombèrent en ruine et, en 1731, l’église fut fermée en raison du danger qu’elle représentait, tandis que le culte fut transféré à la collégiale Saint-André. En 1734, les travaux de restauration nécessaires furent entrepris. La maison se maintint avec difficulté jusqu’à la Révolution. En 1793, alors qu’elle n’abritait plus de communauté, elle fut pillée. Au cours de la première moitié du XIXe siècle, d’importants travaux de restauration furent réalisés sur l’église, qui menaçait ruine. Mais en 1940, le site fut bombardé et ses structures furent de nouveau endommagées. De nouveaux travaux de restauration et des recherches archéologiques furent ensuite entrepris.

L’église médiévale, construite au XIIe siècle, est conservée, bien qu’elle ait fait l’objet de nombreuses interventions en raison de son histoire mouvementée. Elle présente un plan irrégulier ; la nef centrale repose sur les fondations d’une église antérieure et se termine par une abside polygonale. Une nef latérale se trouve au sud et deux autres au nord. Le clocher se trouve dans cette dernière partie.

La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun
La Madeleine de Châteaudun
Façade nord, avant la Révolution
Illustration tirée de Bulletin de la Société Dunoise
La Madeleine de Châteaudun
Armoiries de la Madeleine de Châteaudun
D'après Armorial général de France (XVIIIe siècle)
Bibliothèque nationale de France

Bibliographie:
  • BEAUNIER, Dom (1905). Recueil historique des Archêvechés, Évêchés, Abbayes et Prieurés de France. Vol. 1. Province ecclésiastique de Paris. París: Poussielgue
  • BÉVILLARD, Sophie (1972). La Madeleine de Châteaudun, étude archéologique. Tesi. París
  • COUDRAY, L.-D. (1875). L’église de la Madeleine. Bulletin de la Société Dunoise. Archéologie, histoire, sciences et arts. Vol. 2. Châteaudun
  • GUÉRIN, Paul (1888). Les Petits Bollandistes. Vies des saints. Vol. 2. París: Bloud et Barral
  • LEFÈVRE-PONTALIS, Eugène (1875). Étude archéologique sur l'église de la Madeleine de Chateaudun. Bulletin de la Société dunoise, vol. II. Châteaudun
  • MARTIN, Pierre (2010). Les premiers chevets à déambulatoire et chapelles rayonnantes de la Loire moyenne (Xe-XIe siècles). Tesi doctoral. Université de Poitiers
  • MERLET, Lucien; i altres (1896). Cartulaire de l'abbaye de la Madeleine de Châteaudun. Châteaudun: Pouillier
  • PRACHE, Anne (1983). Île-de-France romane. Na nuit des temps, 60. Zodiaque
  • SAINT-MAUR, Congregació de (1744). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 8. París: Typographia Regia
  • SERBAT, Louis (1912). Bonneval et Châteaudun, notes archéologiques. Bulletin Monumental, vol. 76

Emplacement:
Vista aèria

L’actuelle église de la Madeleine est située sur un site élevé, au sud-ouest du centre historique de Châteaudun