Abbaye de Saint-Georges-du-Bois
S Georgius de Nemore / S Georgius in Bosco
(Saint-Martin-des-Bois, Loir-et-Cher)
La fondation du monastère de Saint-Georges-du-Bois fut entreprise sous l'impulsion de saint Innocent, évêque du Mans entre 532 et 543, avec le concours du roi mérovingien Childebert Ier (v. 496-558) et de son épouse Ultrogothe († ap. 567). La reine favorisa sa construction et y apporta plusieurs reliques de saint Georges, auquel la maison fut dédiée. Selon la tradition, il s'agissait d'un bras de ce saint.
Le monastère était déjà occupé par des moines au milieu du VIe siècle. Innocent connaissait la règle de saint Benoît et semble l'y avoir introduite. La tradition mentionne également les relations de l'évêque avec Benoît de Nursie (480-547), auquel il aurait demandé quelques moines formés auprès de lui afin de peupler des fondations monastiques de son diocèse. Dom Piolin rapporte que l'évêque Aiglibert (670-705) restaura cette maison, tombée entre les mains de laïcs, et y installa une communauté bénédictine de soixante moines. Ce premier monastère disparut au cours du IXe siècle à la suite des invasions vikings et le site demeura abandonné pendant de nombreuses années.
En 1045, Geoffroy II Martel (1006-1060), comte d'Anjou, rétablit la vie monastique sur le site et y fonda une abbaye de chanoines réguliers de saint Augustin. Afin d'en assurer l'avenir, il la dota de nombreux biens, paroisses et autres droits. À la même époque, la maison comtale avait également fondé la collégiale séculière Saint-Georges de Vendôme (Loir-et-Cher). Les deux établissements entretinrent des liens étroits et, durant le dernier quart du XIe siècle, plusieurs chanoines de Vendôme rejoignirent Saint-Georges-du-Bois en tant que chanoines réguliers.
En peu de temps, la maison comptait déjà sept prieurés qui en dépendaient. Malgré cela, elle déclina progressivement et, en 1725, son rattachement à l'ordre de Prémontré fut demandé. Lorsque les Prémontrés arrivèrent de la proche abbaye de l'Étoile (Loir-et-Cher), un seul chanoine demeurait encore dans l'abbaye. L'arrivée de cette nouvelle communauté ne permit pas d'enrayer ce déclin, mais l'établissement subsista jusqu'à la Révolution. À la suite de celle-ci, le domaine passa entre des mains privées et l'ancienne abbaye fut transformée en résidence, dès lors également connue sous le nom de « château de Saint-Georges-du-Bois ».
L'adaptation aux nouvelles fonctions entraîna le raccourcissement de l'église, avec la démolition des deux premières travées de la nef, qui étaient en ruine, et la construction d'une nouvelle façade, sans que l'édifice retrouve toutefois sa fonction cultuelle. À la fin du XXe siècle, la propriété revint à l'Église et, entre 2001 et 2021, la vie monastique y fut rétablie avec l'arrivée d'une nouvelle communauté bénédictine. Par la suite, le site fut placé sous la responsabilité du diocèse de Blois. L'église est partiellement conservée et présente encore des éléments médiévaux, de même que la salle capitulaire. L'ensemble fut victime d'un incendie en 2022.
- ARDURA, Bernard (1993). Abbayes, prieurés et monastères de l'ordre de Prémontré. Nancy: Presses U. De Nancy
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- GUÉRIN, Paul (1888). Les Petits Bollandistes. Vies des saints. Vol. 7. París: Bloud et Barral
- GUYARD DE LA FOSSE, Jean-Baptiste (1837). Histoire des évêques du Mans. Le Mans: Piété et Éducation
- PIOLIN, Dom Paul (1851-56). Histoire de l’Église du Mans. Vols. I i III. París: Julien, Lanier et Cie. Ed.
- SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia
- SAINT-VENANT, R. de (1896). Une excursion a Authon, St. Arnoult, Montoire & St-Georges-des-Bois. Bulletin de la Société Archéologique Scientifique et Littéraire du Vendomois. Vol. XXXV. Vendôme











