Abbaye Notre-Dame de Pontlevoy
Pontilevium / Ponte Leviaco / Notre-Dame in Albis
(Pontlevoy, Loir-et-Cher)
L'abbaye bénédictine Notre-Dame de Pontlevoy fut fondée et dotée en 1034 par Gelduin († 1040), seigneur de Pontlevoy et vassal du comte de Blois. Son fondateur avait participé à la bataille de Pontlevoy (1016) et fit construire le château de Chaumont. La fondation du monastère eut lieu après que, lors d'un pèlerinage en Terre sainte, Gelduin fut sauvé d'une situation périlleuse grâce à l'intervention de la Vierge.
Avec l'accord de Théodoric, évêque de Chartres, Gelduin fit venir une communauté de moines de l'abbaye de Saint-Florent de Saumur (Maine-et-Loire), qu'il plaça sous la direction de l'abbé Ansbert. Geoffroy, fils de Gelduin, ainsi que d'autres seigneurs des environs, firent de nouvelles donations, permettant à l'abbaye de devenir rapidement un important centre monastique. En 1075, le roi Philippe Ier (1052-1108) confirma la fondation et ses possessions. L'abbaye était également un important centre culturel, doté d'un scriptorium et d'une bibliothèque de grande valeur.
L'abbaye subit plusieurs épreuves, notamment un incendie en 1262 et les destructions causées par la guerre de Cent Ans à la fin du XIVᵉ siècle, époque où elle fut fortifiée. À partir de 1468, elle fut gouvernée par des abbés commendataires. En 1568, elle fut touchée par les guerres de Religion, ce qui aggrava le déclin provoqué par les conflits. Au cours du dernier quart du XVIᵉ siècle, la reconstruction de l'église fut entreprise, mais demeura inachevée. Seuls le chœur et le chevet sont conservés.
Selon Armorial général de France (XVIIIe siècle)
Bibliothèque nationale de France
Après plusieurs tentatives de réforme, l'abbaye rejoignit en 1631 la congrégation de Saint-Maur, alors qu'elle traversait une période de profond déclin. Les Mauristes, outre d'importants travaux de reconstruction, y établirent une école qui jouit d'une grande renommée aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles. En 1776, celle-ci fut transformée en école militaire. Le monastère fut supprimé en 1789, mais l'école continua à fonctionner jusqu'en 1793. Durant la Première et la Seconde Guerre mondiale, l'ancien monastère servit de centre d'assistance, mais il fut endommagé lors de la retraite de l'armée allemande. Il abrite aujourd'hui un établissement d'enseignement catholique.
Illustration d'un martyrologe (XIIe siècle), provenant du monastère
Blois. Bibliothèque Abbé Grégoire
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
- BEAUNIER, Dom (1905). Recueil historique des Archêvechés, Évêchés, Abbayes et Prieurés de France. Vol. 1. Province ecclésiastique de Paris. París: Poussielgue
- PASCAL, Jean-Baptiste Étienne (1836). Notice historique et descriptive sur Pontlevoy. Blois: Dèzairs-Blanchet
- PEIGNÉ-DELACOURT, Achille (1877). Monasticon Gallicanum. Paris: G. Chamerot
- PORQUET, Daniel (2011). L’École royale militaire de Pontlevoy. Bénédictins de Saint-Maur et boursiers du roi (1776-1793). Tesi doctoral. Université Paris-Sorbonne
- SAINT-MAUR, Congregació de (1744). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 8. París: Typographia Regia
- WAGNER, Abbé (1893). Pont-Levoy, ses origines, ses destinées. Châtillon-sur-Seine. Pichat et Pepin









