Abbaye Saint-Florent de Saumur
S Florentius / Saint-Florent-lès-Saumur / Salmuriense
(Saumur, Maine-et-Loire)
Les origines de l’abbaye Saint-Florent de Saumur se trouvent dans un premier établissement monastique situé à l’ouest de Saumur, entre Angers et Nantes. À cet endroit se trouvait le tombeau de saint Florent (IVe siècle), un ermite qui avait auparavant occupé ce lieu. Vers l’an 800, l’existence d’un monastère est déjà attestée. À cause des invasions normandes, en 862, les moines durent fuir et s’installèrent provisoirement en divers lieux.
Une fois la situation rétablie, au milieu du Xe siècle les moines s’installèrent à Saumur, dans un lieu ensuite connu sous le nom de Saint-Florent-du-Château, où ils arrivèrent avec les reliques de saint Florent. Tout près s’élevait également le château de Saumur, qui fut attaqué en 1026 par Foulques III Nerra (v. 970-1040), comte d’Anjou. Le monastère fut également touché par cet épisode militaire et les moines durent se déplacer vers un site proche, où existait déjà une église dédiée à Saint-Hilaire. C’est là qu’ils entreprirent la construction du nouveau monastère de Saint-Florent-lès-Saumur.
La construction de l’église devait être suffisamment avancée en 1030, ce qui permit d’y déposer les reliques de saint Florent ; elle fut consacrée en 1041. En 1159, les reliques furent placées dans une nouvelle châsse. Dans les années suivantes, les différents bâtiments monastiques se développèrent et l’on édifia également l’église paroissiale Saint-Barthélemy ; de plus, l’ensemble fut fortifié. Au XIVe siècle, le monastère était devenu un établissement important, mais il fut alors touché par la guerre de Cent Ans. Au siècle suivant, une nouvelle campagne de construction permit de le renouveler en profondeur.
Durant la première moitié du XVIe siècle, la maison passa sous le régime de la commende et subit peu après les effets des guerres de Religion, au cours desquelles elle fut assaillie et pillée. Au XVIIe siècle, Saint-Florent traversait une période de déclin matériel et de relâchement de l’observance. En 1637, la congrégation de Saint-Maur prit en charge le monastère et s’en occupa jusqu’à la Révolution, en rénovant une grande partie des bâtiments. Le XVIIIe siècle fut une période d’intense activité constructive.
En 1792, le monastère fut supprimé et les moines expulsés. Le site fut vendu en plusieurs lots et, au début du XIXe siècle, des constructions médiévales ne subsistaient guère que la crypte, l’église Saint-Barthélemy — largement remaniée par la suite — et la galilée de l’église abbatiale. Les vestiges du monastère ont connu diverses occupations et ont subi de nouvelles pertes. Parmi les éléments conservés aujourd’hui, il faut signaler la crypte, qui remonte à la première époque (XIe siècle).
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
- BODIN, Jean-François (1845). Recherches historiques sur la ville de Saumur. Saumur: Dubosse
- CHAMARD, François (1863). Les vies des saints personnages de l'Anjou, vol. 1. París/Angers: Lecoffre/Cosnier
- COTTINEAU, Laurent-Henri (1939). Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés. Vol. 2. Mâcon: Protat
- CROZET, René (1947). L’ancienne abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur. Bulletin monumental, vol. 105. Société française d'archéologie
- KOWALCZYK, Alexis (2019). Les campagnes de construction de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur par les abbés du Bellay. Université d’Angers
- PEIGNÉ-DELACOURT, Achille (1877). Monasticon Gallicanum. Paris: G. Chamerot
- PETIT, Victor (1863). St.-Florent-lès-Saumur. Congrès archéologique de France, 29 ss. Société française d'archéologie
- RHEIN, André (1911). Saint-Florent-lès-Saumur. Congrès archéologique de France, 77 ss. Société française d'archéologie
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