Abbaye Notre-Dame du Ronceray
Notre-Dame-de-la-Charité d’Angers / Beata Maria de Caritate / Roncereium
(Angers, Maine-et-Loire)
Le monastère féminin du Ronceray s’est établi à l’emplacement d’une ancienne église en ruines, dont l’existence remonterait déjà au VIe siècle, lorsqu’elle fut le théâtre d’un épisode miraculeux lié à saint Aubin (v. 470-550), évêque d’Angers. La maison monastique fut fondée en 1028 par le comte d’Anjou, Foulques III Nerra (v. 965-1040), et son épouse Hildegarde.
Aux XIe et XIIe siècles, probablement avec une interruption en 1088 à la suite d’un incendie, une grande abbaye fut édifiée. L’église fut consacrée en 1119 par le pape Calixte II. Peu après la fondation, la communauté favorisa également la construction de l’église de la Trinité, de caractère paroissial, destinée à accueillir les fidèles et utilisée aussi par les moniales lors des grandes solennités. Cette seconde église fut consacrée en 1062.
Le monastère accueillait des filles de la noblesse et bénéficia d’importantes donations, qui en firent un centre notable et puissant. Durant la première moitié du XVe siècle, Notre-Dame-de-la-Charité et les prieurés qui en dépendaient subirent les effets de la guerre de Cent Ans, tout comme la ville d’Angers. À partir de 1527, le monastère est également connu sous le nom de Ronceray, en référence à une ronce qui aurait poussé dans la crypte, redécouverte à cette époque. Au XVIe siècle, il fut touché par les guerres de Religion et, à partir du milieu du siècle, les abbesses commencèrent à être nommées par décision royale.
Au XVIIe siècle, d’importants travaux de reconstruction furent entrepris, permettant au monastère de rester actif jusqu’à la Révolution (1790), date de sa suppression définitive. À ce moment-là, la communauté comptait encore vingt-deux moniales, outre l’abbesse, Léontine d’Aubeterre. Les biens mobiliers, la bibliothèque et une grande partie des archives furent alors perdus. Après avoir servi de caserne, le monastère devint en 1814 une école d’Arts et Métiers, et l’église est aujourd’hui désaffectée.
Malgré les transformations importantes subies par les deux églises, l’abbatiale et celle de la Trinité, ainsi que par les bâtiments monastiques —notamment après le départ de la communauté—, l’essentiel des constructions est encore conservé et a été restauré ces dernières années. L’église abbatiale comportait trois nefs, avec transept et trois absides ; le bas-côté nord fut affecté par la construction du cloître actuel. Elle possède une crypte d’origine ancienne, aujourd’hui très remaniée. Le chevet est adossé à l’église paroissiale de la Trinité, de dimensions similaires, à nef unique et trois absides.
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