Le prieuré de Saint-Marcel dépendait de la proche abbaye de Saint-Gildas de Châteauroux (Indre). Il fut établi sur une ancienne église dédiée à saint Marcel d’Argenton et à son compagnon Anastase, deux Romains qui, selon la tradition, furent martyrisés en ce lieu au IIIᵉ siècle, où ils faisaient l’objet d’une vénération. La fondation du prieuré fut due à l’initiative de Guillaume Ier de Chauvigny (v. 1190-1233).
Les seigneurs de Chauvigny fondèrent également, à la même époque, le prieuré de Saint-Étienne d’Argenton, situé tout près d’ici. Saint-Marcel est mentionné pour la première fois en 1216 et, en 1226, le pape confirma ses possessions. L’une des conséquences de l’instauration du régime de la commende à Saint-Gildas (1523) fut la disparition de la vie monastique dans ce prieuré, qui devint dès lors un simple bénéfice détenu par des personnes étrangères à la communauté. Malgré la sécularisation de l’abbaye mère en 1622, le titre de prieur subsista jusqu’à la Révolution, tandis que la paroisse demeurait en activité.
L’église comprend une nef unique de trois travées, reliée à un transept à double nef, destiné à l’origine à la communauté monastique, où les stalles du chœur sont encore conservées. Le chevet est composé de trois absides semi-circulaires. La construction fut réalisée à l’époque de la fondation du prieuré, entre la fin du XIIᵉ siècle et le début du XIIIᵉ ; la nef constitue la partie la plus ancienne de l’édifice. L’abside méridionale est élevée au-dessus d’une crypte aménagée en profitant de la pente naturelle du terrain. Au fil des siècles, l’ensemble subit plusieurs modifications et restaurations, notamment au XIXᵉ siècle, époque à laquelle le clocher fut également reconstruit.
Parmi son mobilier se distingue le trésor, composé d’un remarquable ensemble d’objets, notamment une châsse-reliquaire émaillée, un coffret en bois représentant le Martyre de saint Marcel d’Argenton et un ciboire émaillé du XIXᵉ siècle. L’église conserve également une peinture murale représentant Saint Louis présentant un clerc à la Vierge (XVIᵉ siècle). Les stalles du chœur, conservées au centre du transept, datent de l’époque du dernier prieur régulier, Antoine Barbaud (1484-1522).
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