Abbaye Saint-Maur de Glanfeuil
Sancti Mauri / Saint-Maur-sur-Loire / Glanna Foliensis
(Gennes-Val-de-Loire, Maine-et-Loire)
Selon une tradition élaborée par le monastère lui-même, l’abbaye Saint-Maur de Glanfeuil aurait été fondée par saint Maur (v. 500-584), disciple de saint Benoît, avec lequel il aurait collaboré à la fondation du monastère de Montecassino (Latium) en 529. La légende raconte qu’il fut envoyé dans l’actuelle France, où il s’établit à Glanfeuil et où, vraisemblablement, il aurait fondé le premier monastère bénédictin de ce territoire. Ses reliques y auraient été vénérées.
Le monastère fut restauré en 824 par le comte Rorgon Ier du Maine († v. 840), avec des moines provenant du monastère de Saint-Pierre-des-Fossés (Val-de-Marne). Il bénéficia également de donations de l’empereur carolingien Charles le Chauve (823-877). En raison des invasions normandes, les reliques de saint Maur furent transférées en 868 à Fossés, qui adopta alors le vocable et le nom de Saint-Maur-des-Fossés. Une fois la situation rétablie, les moines de Glanfeuil ne purent récupérer les reliques, restées à Fossés, où la communauté demeura également, tandis que Glanfeuil devint un prieuré dépendant de ce monastère.
Au début du XIe siècle, l’évêque Renaud II d’Angers (973-1005) promut la reconstruction de Glanfeuil avec le soutien de Foulques III Nerra (v. 970-1040), comte d’Anjou, et de son fils Geoffroy II Martel (1006-1060). En 1095, l’établissement retrouva le statut d’abbaye et son indépendance vis-à-vis de Fossés. Au XIVe siècle, il subit les effets de la guerre de Cent Ans, qui laissèrent le monastère en ruine, malgré sa fortification. En 1544, Glanfeuil passa sous le régime de la commende.
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
Au XVIe siècle, il fut de nouveau victime des guerres, cette fois en raison des calvinistes, qui occupèrent le monastère à plusieurs reprises entre 1568 et 1589. Il convient de noter que le site se trouvait dans un endroit très exposé, sur la rive de la Loire. Le lieu fut abandonné pendant quelques années. En 1668, la congrégation de Saint-Maur s’y installa et redressa la situation de la maison, tant du point de vue de l’observance que de la reconstruction des bâtiments monastiques. À la Révolution, en 1790, Saint-Maur de Glanfeuil fut supprimé et les moines expulsés.
Une grande partie des constructions monastiques d’époque mauriste (XVIIe-XVIIIe siècles) est conservée. L’église, dédiée à Saint-Pierre, en conserve la structure, mais elle est aujourd’hui très remaniée. On observe également des vestiges du cloître. Au sud, subsiste partiellement l’église Saint-Martin, considérée comme le lieu de retraite de saint Maur. Plus ancienne, elle avait des fonctions paroissiales et resta en usage quelques années après la Révolution.
- ANÒNIM (1868). Saint Maur et le sanctuaire de Glanfeuil en Anjou. Angers: Lachèse
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- DE LA CROIX, Camille (1899). Fouilles archéologiques de l'abbaye de St-Maur de Glanfeuil (Maine-et-Loire). París: Picard
- MARCHEGAY, Paul (1860). Le cartulaire de Saint-Maur-sur-Loire. Archives d’Anjou. Angers: Labussière
- PEIGNÉ-DELACOURT, Achille (1877). Monasticon Gallicanum. Paris: G. Chamerot
- SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia





