Le monastère cistercien de Notre-Dame de Clairmont fut fondé en 1150 à l’initiative des seigneurs de Laval. Selon la tradition, Guy IV de Laval († v. 1185) demanda l’intervention de Bernard de Clairvaux (1090-1153) dans cette entreprise. En 1152, la première communauté arriva depuis l’abbaye de Clairvaux (Aube), sous la direction de son premier abbé, Philippe († 1181), qui devint en 1179 évêque de Rennes.
Le monastère devint le panthéon des seigneurs de Laval, qui y furent inhumés pendant de nombreuses années. En 1204, il fonda l’abbaye de Fontaine-Daniel, située au nord-est, dans le même département de la Mayenne. En 1509 mourut Tronson, le dernier abbé régulier, et les moines demandèrent que la charge soit assumée par l’évêque de Rennes, ce qui ne plut pas à l’ordre et provoqua des conflits. Finalement, en 1513, fut nommé le premier abbé commendataire, le cardinal Soderini, évêque de Tivoli.
Filiation de Clairmont
Selon Originum Cisterciensium (L. Janauschek, 1877)
Au XVIIe siècle, d’importants travaux de modernisation furent entrepris, tout en conservant l’église et d’autres bâtiments de la première époque. Le monastère resta en activité jusqu’en 1792, date à laquelle il fut abandonné à cause de la Révolution ; le domaine fut vendu et affecté à l’exploitation agricole. Par la suite, il demeura presque abandonné jusqu’à ce qu’en 1936, il suscite l’intérêt de Suzanne Denis et Hélène Blanchot, qui en encouragèrent l’acquisition, la protection et la restauration.
L’église est partiellement conservée et présente un plan typiquement cistercien. À l’origine, il s’agissait d’un édifice à trois nefs, dont une grande partie des collatéraux a disparu. Elle possède un transept ouvrant sur sept chapelles de chevet, toutes de plan rectangulaire. La chapelle axiale a la même largeur que la nef, tandis que trois autres s’ouvrent dans chaque bras du transept. L’ensemble est de construction simple, avec des charpentes en bois et sans décor sculpté. Au sud de l’église se trouvait le cloître et, à l’ouest de celui-ci, les bâtiments des convers, également de la première époque (XIIe siècle). À l’est, dans le prolongement du transept, s’élève le bâtiment du XVIIe siècle.
- BAUDRILLART, Alfred (1953). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 12. París: Letouzey et Ané
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- BLANCHOT, Hélène (1985). Clairmont. Zodiaque. Núm. 145. La Pierre-qui-Vire
- JANAUSCHEK, Leopoldus (1877). Originum Cisterciensium. Vol. 1. Viena
- LADURÉE, Jean-Rene (2013). Clairmont et sa fille, Fontaine-Daniel: deux fondations claravalliennes dans le Bas-Maine (1150-1204). Annales de Bretagne et les Pays de l'Ouest. Vol. 120. Rennes: P.U. Rennes
- PICQUENARD, Georges (1961). Abbaye de Clermont. Congrès archéologique de France. 119e ss. Société française d'archéologie














