À Saint-André-de-Bâgé se conserve une église de structure romane qui dépendait autrefois d’un prieuré bénédictin relevant de l’abbaye de Saint-Philibert de Tournus (Saône-et-Loire), dont on possède quelques mentions jusqu’à la seconde moitié du XIIIe siècle. De cet édifice, il convient de souligner tout particulièrement le décor sculpté ainsi que le clocher.
En 1074, Ulrich, seigneur de Bâgé, avec l’intervention de l’archevêque Humbert de Lyon, fit don de la chapelle Saint-André à l’abbaye de Tournus afin que les moines y établissent un prieuré. Certains auteurs ont avancé l’existence d’un établissement dès le IXe siècle, mais les sources ne sont pas assurées. Au cours du XIIe siècle, Saint-André-de-Bâgé apparaît dans plusieurs confirmations de biens accordées par différents papes à l’abbaye de Tournus. On sait également que le prieuré exerçait des fonctions paroissiales. La dernière mention du site en tant que prieuré date de 1269 ; à cette époque, une nouvelle église avait déjà été construite à Bâgé, entraînant un déclin progressif de l’importance de Saint-André.
Au XVIe siècle, le prieuré était déjà sécularisé et le site dut connaître un certain abandon ; une visite effectuée en 1656 révèle que l’édifice se trouvait en mauvais état de conservation. Au début du XVIIIe siècle, sa démolition fut envisagée, mais, au milieu du même siècle, quelques travaux de réparation furent encore entrepris. En raison de son état précaire et de l’absence de culte, la Révolution ne s’acharna pas sur l’église, qui fut préservée, bien qu’affectée au culte de la Raison. Au XIXe siècle eurent lieu plusieurs campagnes de restauration et, en 1840, l’édifice fut inscrit comme monument à protéger ; le clocher fut également restauré à cette occasion.
L’église actuelle est un édifice roman qui a connu diverses transformations au cours de son histoire. Elle conserve des vestiges d’une chapelle du IXe siècle, probablement celle donnée par Ulrich à Tournus. Une nouvelle abside fut ajoutée au XIe siècle et, au siècle suivant, l’édifice fut agrandi par l’adjonction d’un transept. On y conserve également des éléments sculptés historiés de la même période. Le plan est celui d’une croix latine, avec une nef unique et un transept doté de trois absides semi-circulaires. Il convient enfin de signaler le clocher, de plan octogonal.
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