La chartreuse de Portes est située dans un site isolé, entouré de montagnes. Elle compte parmi les premières fondations de l’ordre cartusien et demeure encore en activité. Elle est également connue pour le nombre de personnalités de renom qui lui furent liées, telles que saint Anthelme de Belley (ou de Chignin, † 1178).
En 1115, deux moines bénédictins de l’abbaye d’Ambronay (Ain), Bernard de Varey et Ponce, se retirèrent à Portes avec l’intention de pratiquer l’érémitisme, avec le soutien du monastère d’Ambronay, qui leur fournit les terres, et de Gauceran, archevêque de Lyon. Ils entrèrent rapidement en contact avec la Grande Chartreuse (Isère) et son prieur Guigo (ou Guigues, † 1136), qui envoya des moines pour les former aux coutumes cartusiennes. Cette maison est considérée comme la deuxième fondation cartusienne après la Grande Chartreuse, ou la troisième si l’on tient compte de la fondation de Santo Stefano del Bosco (Calabre) par saint Bruno lui-même.
Le premier établissement était provisoire et très précaire ; depuis ce site, on entreprit la construction de la chartreuse dans un lieu plus éloigné, apte à accueillir une communauté nombreuse. Selon la tradition, ce premier établissement se situait à l’emplacement qui devint plus tard la correrie du monastère, connue sous le nom de La Courrerie. Portes fut visitée à cette époque fondatrice par l’évêque Hugues de Grenoble, l’un des principaux promoteurs de l’ordre cartusien, ainsi que par Humbaud, archevêque de Lyon, et Humbert, évêque de Genève, qui participèrent à la consécration des églises de Portes (1125) et de La Courrerie (1128). Le pape Innocent II (1130-1143) accorda également des privilèges à la chartreuse par deux bulles.
À l’époque moderne, la maison bénéficia de la protection des ducs de Savoie, de la monarchie et du pape, ce qui lui permit d’acquérir de nombreuses possessions. L’ensemble monastique fut entièrement reconstruit au XVIIe siècle. Supprimée en 1791 à la suite de la Révolution, elle fut rachetée par les chartreux en 1855, qui purent y reprendre la vie monastique. Elle demeure encore active aujourd’hui, malgré une interruption entre 1903 et 1951, lors d’une seconde expulsion. La Bibliothèque nationale de France conserve un olifant en ivoire (XIe-XIIe siècles), découvert vers 1400 et donné à la chartreuse, qui le conserva jusqu’à la Révolution.
- ANIEL, Jean-Pierre (1983). Les maisons de chartreux des origines à la chartreuse de Pavie. París: Arts et Métiers Graphiques
- CARTOIXA DE PARKMINSTER (1915). Maisons de l'ordre des Chartreux. Vol. II. Chartreuse de Saint-Hughes (Sussex)
- COTTINEAU, Laurent-Henri (1939). Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés. Vol. 2. Mâcon: Protat
- DUBOIS, Jacques (1971). L'implantation monastique dans le Bugey au Moyen Âge. Journal des savants
- JOLY, L. (1910-1912). Les commencements de la chartreuse de Portes. Bulletin de la Société Gorini. Bourg









