Prieuré Saint-Étienne de Nevers

S. Stephani Nivernensis

(Nevers, Nièvre)

Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers

Le prieuré clunisien de Saint-Étienne de Nevers pourrait avoir pour origine un monastère féminin fondé vers 610 par saint Colomban (v. 540-615), mentionné dans le récit de sa Vita. Cette fondation n’était connue qu’indirectement par des documents postérieurs, mais, en 1974, des vestiges d’une occupation d’époque mérovingienne ont été découverts dans l’église Saint-Étienne, notamment plusieurs sarcophages et des fragments de mosaïque, dont l’un représente saint Colomban. Ces découvertes donnent une certaine vraisemblance à la tradition d’un ancien établissement colombanien, sans toutefois permettre d’en déterminer la nature avec certitude.

Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers

Après la disparition de cette première communauté, en 1063, l’évêque Hugues II de Nevers († 1065) et le comte Guillaume Ier de Nevers († 1098) entreprirent la restauration de Saint-Étienne et y établirent une communauté de chanoines réguliers, qui eut une existence brève. En 1068, l’évêque Mauguin († 1074), avec l’accord du comte Guillaume Ier, donna Saint-Étienne à l’abbaye de Cluny (Saône-et-Loire). À partir de cette date, la reconstruction de l’établissement commença, ainsi que sa transformation en maison clunisienne.

En 1090, le comte Guillaume Ier dota généreusement le prieuré, mais la fondation et la dotation définitives de la maison furent officialisées en 1097. Lors de cet acte, qui reprenait également les donations antérieures, l’église fut consacrée, probablement avant d’être entièrement achevée. La charte, datée du 13 décembre, fut établie par le comte Guillaume en présence de l’abbé Hugues de Cluny et de l’évêque Gui de Nevers, ainsi que d’autres prélats de la région. En 1420, pendant la guerre de Cent Ans, un incendie détruisit les bâtiments monastiques, mais l’église fut épargnée. Après avoir subi les effets de la peste, le premier prieur commendataire, François Le Bourgoin, fut nommé en 1534. Le prieuré resta actif jusqu’à la Révolution, avec une communauté de cinq religieux.

Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Extérieur du transept
Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Portail occidental

Une remarquable église romane est conservée, aujourd’hui paroissiale. Elle comprend trois nefs, un transept et un chevet constitué d’une abside centrale entourée d’un déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes. Chacun des bras du transept possède également une chapelle absidiale. Une tour-clocher s’élève au-dessus de la croisée. L’édifice fut construit entre 1068 et 1097 et, bien qu’il ne fût probablement pas encore entièrement achevé au moment de sa consécration, sa structure principale devait déjà être définie. Il subit ensuite plusieurs modifications. Au XIIe siècle, un narthex fut ajouté devant la façade occidentale ; il fut détruit en 1792, avec les trois clochers romans. Seules les parties inférieures des deux tours qui encadraient la façade sont conservées.

Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Saint-Étienne de Nevers
Schéma du plan de l'église

Bibliographie:
  • BOUCHACOURT, M. (1922). Le Prieuré Saint-Étienne à Nevers. Historique. Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts. Nevers
  • BROSSE, Jacques; i altres (1966). Dictionnaire des églises de France. II, Centre et Sud-Est. Robert Laffont
  • COTTINEAU, Laurent-Henri (1939). Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés. Vol. 2. Mâcon: Protat
  • CROSNIER, Augustin-Joseph (1877). Les congrégations religieuses dans le diocèse de Nevers. Vol. 1. Nevers: Michot
  • DUPONT, Jean (1976). Nivernais, Boubonnais roman. La nuit des temps, núm.45. Zodiaque, 1976
  • FISQUET, Honoré (1873). La France pontificale (Gallia christiana). Sens. París: Repos
  • LESPINASSE, René de (1908). Les chartes de Saint-Étienne de Nevers. Bulletin de la Société nivernaise des lettres, sciences et arts. Nevers: Mazeron
  • SAINT-MAUR, Congregació de (1770). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 12. París: Typographia Regia
  • SALET, Francis (1967). Saint-Étienne de Nevers. Congrès archéologique de France. 125ss. Nivernais. Société française d'archéologie
  • VIEILLARD-TROIEKOUROFF, May (1980). Trois sarcophages mérovingiens découverts à Saint-Étienne de Nevers en janvier 1974. Bulletin Monumental
  • VIOLLET-LE-DUC, Eugène (1875). Dictionnaire raisonné de l'architecture francaise. Vol. 7. París: Morel

Emplacement:
Vista aèria

L’église paroissiale Saint-Étienne est située dans le centre historique de la ville de Nevers