La date de fondation de l’abbaye Notre-Dame de La Prée n’est pas certaine. Certains auteurs l’ont située en 1128, mais elle n’est mentionnée avec certitude qu’en 1145, date figurant dans les registres cisterciens. Il est possible qu’il s’agisse de la date d’achèvement des travaux. Raoul II d’Issoudun († 1164), son fondateur, demanda l’intervention de Bernard de Clairvaux (1090-1153), qui y envoya les premiers moines. En 1145, Bernard lui-même participa à la consécration de l’église.
Par ailleurs, il est mentionné qu’en 1141 arrivèrent les moines de l’abbaye bénédictine de Bois-Dabert (ou d’Habert, dans le département du Cher), qui s’intégrèrent à cette communauté. Eudes III († 1199), petit-fils du fondateur, confirma en 1190 les biens donnés par son grand-père. À cheval sur les XIIe et XIIIe siècles, La Prée avait déjà réuni un important patrimoine de droits et de possessions. L’abbaye fut probablement victime de la guerre de Cent Ans, à la suite de laquelle elle fut fortifiée. La construction de défenses évita son occupation directe pendant les guerres de Religion, mais elle subit néanmoins les effets de l’instabilité de cette époque. Cette situation, ajoutée à l’instauration du régime commendataire, la conduisit au déclin.
Le manque d’entretien fit que les bâtiments tombèrent progressivement en ruine. En 1638, l’abbaye fut encore victime d’un incendie. Elle ne commença à se relever qu’au milieu du XVIIIe siècle et, à l’arrivée de la Révolution, le site était pleinement restauré. Après l’expulsion de la communauté cistercienne, le monastère fut vendu à un particulier en 1791 et profondément transformé ; l’église fut démolie et l’ensemble adapté à un usage résidentiel. Par la suite, La Prée fut affectée à des activités industrielles avant de retrouver une fonction résidentielle. Au milieu du XXe siècle, elle devint un centre d’accueil et, plus tard, une association à vocation artistique et culturelle s’y installa.
Aujourd’hui, l’espace du cloître est conservé avec plusieurs des bâtiments qui l’entouraient. Le côté nord a disparu, à l’emplacement de l’ancienne église. Les bâtiments conventuels ont été fortement remaniés, mais la salle capitulaire et la galerie occidentale méritent d’être signalées. Quelques vestiges de l’église subsistent également ; celle-ci comportait trois nefs, un transept et un chœur composé de cinq absides à chevet plat.
Filiation de La Prée
Selon Originum Cisterciensium (L. Janauschek, 1877)Abbaye de La Prée / 1145
- BEAUNIER, Dom (1912). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 5. Bourges. Abbaye de Ligugé
- JANAUSCHEK, Leopoldus (1877). Originum Cisterciensium. Vol. 1. Viena
- PÉRÉMÉ, Armand (1847). Recherches historiques et archéologiques sur la ville d'Issoudun. París: B. Duprat
- RAYNAL, Louis (1844). Histoire du Berry, vol. 2. Bourges: Vermeil
- ROBERGE, Céline (2011). Les abbayes cisterciennes de l'ancien diocèse de Bourges aux XIIe et XIIIe siècles. Tesi doctoral. Université Paris Ouest
- SAINT-MAUR, Congregació de (1720). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 2. París: Typographia Regia
- THAUMAS DE LA THAUMASSIÈRE, Gaspard (1589). Histoire de Berry. París: J. Morel
- THIL, Colonel (1929). Notes sur l’abbaye de La Prée. Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, vol. 43. Bourges












