Abbaye de Saint-Satur

Saint-Pierre / S Satyri

(Saint-Satur, Cher)

Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur

Une tradition fait remonter à la première moitié du Ve siècle la fondation, en ce lieu, d’un monastère dédié à Saint-Pierre par l’ermite d’origine bretonne Romble (Romulus). Un autre récit rapporte qu’en 866, Raoul de Turenne, archevêque de Bourges, y apporta les reliques de saint Satur, martyrisé à Carthage en 203, qui furent déposées dans cette église. Le site, alors connu sous le nom de Château-Gordon, prit par la suite le nom de Saint-Satur, tout comme l’église Saint-Pierre.

Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur

Il est probable qu’un monastère y existait déjà à cette époque, mais il disparut lors des invasions normandes et hongroises. Le site fut restauré en 1034 à l’initiative de la noble Mathilde, fille de Gimon, seigneur de Château-Gordon, avec le soutien d’Aymon de Bourbon (1030-1070), archevêque de Bourges. Un chapitre de chanoines dépendant de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges fut alors établi. En 1104, l’archevêque Léodegarius (ou Léger) consacra la nouvelle église de Saint-Satur.

On considère qu’en 1131 cette maison, jusque-là occupée par des chanoines séculiers, adopta la règle de Saint Augustin grâce à l’intervention du pape Innocent II, malgré l’opposition d’une partie de la communauté. Peu après, en 1143, l’abbaye de chanoines réguliers de Saint-Satur fut attaquée et gravement endommagée ; le pape Innocent II excommunia les responsables de cette attaque. En 1234, l’établissement reçut la visite du roi saint Louis de France (1226-1270), puis, en 1306, celle du pape Clément V. La prospérité initiale de l’abbaye fut fortement compromise durant la seconde moitié du XIVe siècle. En 1361, Saint-Satur fut victime d’une attaque anglaise, ce qui rendit nécessaires des travaux de restauration.

Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur

En 1420 toutefois, la ville de Saint-Satur et l’abbaye furent de nouveau occupées par les Anglais, qui pillèrent les bâtiments conventuels. La communauté abandonna alors les lieux jusqu’en 1454, date de son retour. À partir de 1523, la maison, déjà en déclin, fut placée sous le régime de la commende. Cette situation, ajoutée aux effets des guerres de Religion, au cours desquelles elle subit un nouveau pillage en 1567, empêcha son redressement. Le déclin se prolongea et la maison canoniale fut supprimée en 1755, bien que cette suppression ne prît effet qu’en 1775. L’église, demeurée inachevée, assura dès lors les fonctions paroissiales qu’elle remplit encore aujourd’hui.

De l’abbaye subsiste l’église, dont la construction fut entreprise au milieu du XVe siècle en raison de la ruine de l’édifice précédent. Les guerres de Religion et le déclin qui suivit empêchèrent l’achèvement des travaux. Le projet prévoyait un vaste édifice, mais seul le chevet, jusqu’au transept, fut réalisé. L’église se compose essentiellement d’une nef, ce qui devait constituer le chœur, entouré d’un déambulatoire desservant cinq chapelles rayonnantes.

Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur
Abbaye de Saint-Satur

Bibliographie:
  • BEAUNIER, Dom (1912). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 5. Bourges. Abbaye de Ligugé
  • DU TEMS, Hugues (1775). Le clergé de France, vol. III. París: Brunet
  • GEMÄHLING, M. (1867). Monographie de l'abbaye de Saint-Satur, près Sancerre (Cher). París: Imp. Centrale des Chemins de Fer
  • SAINT-MAUR, Congregació de (1720). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 2. París: Typographia Regia

Emplacement:
Vista aèria

L’abbaye de chanoines réguliers de Saint-Satur est située dans la commune du même nom, au nord-est de Sancerre