Notre-Dame de La Grainetière est une abbaye bénédictine fondée au XIIe siècle. Après une période de déclin, le site fut vendu à la suite de la Révolution, mais la vie monastique y fut rétablie dans la seconde moitié du XXe siècle. À côté des ruines de l’église s’élève le monastère actuel, qui conserve partiellement le cloître et la salle capitulaire médiévaux.
Vers 1130, les terres où fut établi le monastère de La Grainetière furent données par Gilbert de La Chaize, seigneur du lieu, à Guillaume, abbé de Notre-Dame de Fontdouce (Charente-Maritime). Une bulle du pape Lucius II, datée de 1145 et confirmant les biens de Fontdouce, accordait à La Grainetière le titre d’abbaye et mentionnait ses liens avec l’ordre de Cîteaux. Par ailleurs, elle a été considérée comme l’une des fondations inspirées par Géraud de Salles (v. 1050-1120), bien que celui-ci fût déjà décédé. Au cours des décennies suivantes, la construction de l’ensemble monastique se développa grâce aux donations de la noblesse locale.
La salle capitulaire fut remaniée dès l’époque gothique. Au XIVe siècle, l’ensemble fut fortifié, ce qui permit d’éviter son occupation en 1372, dans le contexte de la guerre de Cent Ans. À la fin du XVe siècle, l’abbaye passa sous le régime des abbés commendataires. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, elle subit directement les effets des guerres de Religion : elle fut pillée et incendiée, et une grande partie de ses archives disparut alors. Elle fut restaurée au siècle suivant, avec diverses modifications des espaces. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, elle était en déclin et, en 1760, avec un seul moine, ses biens furent attribués au séminaire de Luçon. Il est attesté qu’en 1779 l’église était encore conservée.
À la suite de la Révolution, en 1791, le site fut vendu et transformé en exploitation agricole. Au XIXe siècle, une grande partie de ce qui subsistait de l’église disparut. Au milieu du XXe siècle débuta la protection du site ; en 1963, il passa dans le domaine public et, en 1978, il fut occupé par une communauté bénédictine de la congrégation de Notre-Dame d’Espérance. De l’église ne subsiste qu’une partie du chevet, ainsi que le mur qui la séparait du cloître. De ce dernier, on conserve la galerie occidentale ainsi que la salle capitulaire gothique, aujourd’hui transformée en chapelle. On observe également des vestiges d’autres dépendances et des fortifications, aujourd’hui occupées par la communauté.
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