Abbaye Toussaint d’Angers

Omnes Sancti / Omnium Sanctorum Andegavensis / Toussaints

(Angers, Maine-et-Loire)

Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers

Cette ancienne abbaye trouve son origine dans un établissement d’assistance fondé dans la ville d’Angers avant 1047 (probablement vers 1040) par Giraud, chanoine de la cathédrale. Cette aumônerie fut instituée pour venir en aide aux nécessiteux en cas de maladie et leur offrir un lieu de sépulture après leur mort ; elle disposait ainsi d’un oratoire et d’un cimetière. La gestion en fut confiée au chapitre de la cathédrale, chargé d’assurer le fonctionnement de la nouvelle institution.

Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers

Peu après sa fondation, avant 1049, le comte Jofré II Martel (1006-1060) la donna à l’abbaye bénédictine de la Trinité de Vendôme (Loir-et-Cher), qu’il avait lui-même fondée, avec l’accord épiscopal et l’engagement d’en maintenir la vocation d’assistance. L’accord fut officialisé en 1049, mais il fut de courte durée, soit en raison de la création, depuis Vendôme, du prieuré de Saint-Sauveur de l’Esvière dans la même ville, soit à cause de la difficulté de concilier cette activité avec les usages bénédictins. Vers 1056, la maison revint au chapitre cathédral.

À l’initiative de l’évêque Renaud, vers 1102-1103, les premiers chanoines réguliers arrivèrent de Saint-Pierre d’Airvault (Deux-Sèvres), malgré l’opposition de Vendôme, qui tenta d’en reprendre possession. Une fois établis, la maison se développa et, en 1118, elle était devenue une abbaye, dont le premier abbé fut Robert. Une période de déclin est attestée à partir du XIVe siècle. En 1624, alors qu’elle conservait encore son caractère d’aumônerie, la maison fut réformée en étant intégrée à la congrégation de Sainte-Geneviève, qui en entreprit également la reconstruction.

Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers

À la suite de la Révolution, en 1791, le site passa aux mains publiques. L’église, édifiée au XIIIe siècle et remaniée par la suite, est partiellement conservée. Après le départ des religieux, elle fut utilisée à des fins militaires. Au début du XIXe siècle, les voûtes s’effondrèrent et l’ensemble fut pratiquement abandonné ; à cette époque, il fut déjà considéré comme monument historique, mais ce n’est qu’à la fin du XXe siècle qu’il fit l’objet d’études archéologiques. Il fut ensuite restauré et aménagé pour accueillir la Galerie David d’Angers, inaugurée en 1984.

Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Galerie David d’Angers
Photo de Selbymay, sur Wikimedia
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Carte postale ancienne, collection privée
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Carte postale ancienne, collection privée
Toussaint d’Angers
Toussaint d’Angers
Angers pittoresque (1843)

Bibliographie:
  • ANDRAULT-SCHMITT, Claude (2021). L’abbaye Toussaint d’Angers. Du gothique angevin aux génovéfains. Congrès Archéologique de France, 180ss. Société Française d’Archéologie
  • BAUDRILLART, Alfred (1924). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 3. París: Letouzey et Ané
  • BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
  • CHOYER, Abbé (1843). L’église et l’abbaye de Toussaint. Congrès Scientifique de France. Onzième session. París/Angers: Derache
  • COMTE, François (1985). L’abbaye Toussaint d’Angers des origines à 1330. Société des Études Angevines
  • SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia
  • TARDIF-DESVAUX (1843). Angers pittoresque. Angers: Cosnier et Lachèse

Emplacement:
Vista aèria

Les vestiges de l’ancienne maison canoniale se trouvent dans le centre historique de la ville d’Angers, où a été installée la Galerie David d’Angers