Abbaye du Betton

Bitumen / Beton

(Betton-Bettonet, Savoie)

Abbaye du Betton
Abbaye du Betton

Durant les premières étapes de la formation de l’ordre de Cîteaux, l’incorporation d’hommes dans les monastères mit en évidence la problématique des femmes — épouses, filles… — qui n’avaient pas leur place dans les établissements masculins. On adopta d’abord des solutions provisoires, comme l’aménagement d’habitations proches des monastères, mais la situation fut finalement régularisée par l’organisation de ces établissements, ce qui donna naissance à la branche féminine de l’ordre.

Abbaye du Betton
Abbaye du Betton

L’abbaye cistercienne féminine du Betton constitue un exemple de ce processus. Elle aurait été fondée en 1133, parallèlement à la fondation de l’abbaye de Tamié (Savoie), avec la formation d’une communauté qui s’établit sur des terres appartenant en 1103 à l’abbaye bénédictine de Saint-Chaffre (Haute-Loire). Parmi les moniales arrivées sur place se trouvaient Sainteburge et Friburge, mère et sœur de Pierre II de Tarentaise (1102-1174), premier abbé de Tamié et futur archevêque de Tarentaise (1141-1174). Sainteburge en fut la première abbesse. La maison connut un développement rapide et, en 1183, le pape Lucius III signa une bulle confirmant ses biens.

L’abbaye s’étendit rapidement par la fondation d’autres monastères, tels ceux d’Ayes (ou Hayes, Isère, 1143) et de Bonlieu (Haute-Savoie, 1171). Au milieu du XVIe siècle, le monastère fut placé sous le régime de la commende ; en 1558 mourut la dernière abbesse régulière. En 1568, dans le contexte des guerres de l’époque, l’abbaye subit une attaque : les moniales durent fuir et le lieu fut pillé. Une fois la situation rétablie, la vie monastique reprit, sans toutefois retrouver pleinement sa régularité. Elle se maintint néanmoins jusqu’à la Révolution (1792), dans un état de décadence et avec de nombreuses difficultés quant à l’observance.

Abbaye du Betton
Abbaye du Betton

En 1793, le site passa en mains privées et, entre 1827 et 1858, il fut transformé en établissement d’assistance. En 1872, une filature y fut installée, où l’on produisait des pièces de soie. Après sa fermeture, en 1901, l’ensemble fut affecté à des activités agricoles et adapté à usage d’habitation. Il subsiste quelques structures ruinées de l’ancienne abbaye ainsi que de l’usine qui y fut implantée par la suite.


Bibliographie:
  • AUBERT, R. (1990). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 23. París: Letouzey et Ané
  • BAUDRILLART, Alfred (1935). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 8. París: Letouzey et Ané
  • BEBIN-LANGROGNET, Odile (2011). De Savoie en Comté. Saint Pierre de Tarentaise. Torí: L’Harmattan
  • BESSE, J.-M.; i altres (1939). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 9: Province ecclésiastique de Vienne. Abbaye de Ligugé
  • GLOVER, Melville (1858). L'abbaye du Beton en Maurienne. Chambéry: Puthod
  • REGAT, Christian (1998). Tamié et les Cisterciens en Savoie : l'abbatiat d'Arsène de Jougla, 1707-1727. Annecy: Académie salésienne
  • SAINT-MAUR, Congregació de (1865). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 16. París: Firmin Didot
  • SCHRAMBACH, A.; i altres (2005). Abbaye des Ayes, moulins vieux et neuf des Ayes

Emplacement:
Vista aèria

Les remarquables ruines du Betton se situent sur la commune de Betton-Bettonet, dans la vallée de l’Isère, à l’est de Chambéry