Abbaye de l’Île-Barbe

Insula Barbara / Barbarense

(Lyon, Métropole de Lyon)

L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
L'église Notre-Dame
Photo d'Allie Caulfield, sur Flickr

L’établissement monastique de l’Île-Barbe présente un caractère singulier, probablement déterminé par deux facteurs principaux : d’une part, sa nature insulaire — puisqu’il est situé au milieu de la Saône, peu avant sa confluence avec le Rhône — et, d’autre part, sa grande ancienneté. Ces circonstances expliquent qu’il conserve une organisation spatiale différente de celle de la plupart des monastères, avec plusieurs lieux de culte répartis sur l’île, un fait souvent comparé au cas de l’abbaye de Lérins (Alpes-Maritimes).

L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Porte Sainte-Anne

Au-delà des traditions qui situent l’arrivée du christianisme sur l’île à l’époque apostolique, l’existence du monastère est attestée dès le début du Ve siècle, lorsque Grégoire de Tours y situe l’arrivée d’un disciple de saint Martin. Les nombreuses transformations subies par le site, notamment après les guerres de Religion et la Révolution, rendent difficile la lecture des différents espaces monastiques, une tâche dans laquelle l’archéologie joue un rôle essentiel.

À ses débuts, le monastère devait également présenter un aspect érémitique, ce qui pourrait expliquer la présence de plusieurs lieux de culte. Des figures importantes du monachisme primitif y seraient passées, comme saint Romain de Condat († 463), avant de fonder le monastère qui sera plus tard connu sous le nom de Saint-Claude (Jura). L’Île-Barbe aurait également joué un certain rôle dans la fondation du monastère de Saint-Maurice d’Agaune (Valais, Suisse). Après les destructions causées par les incursions sarrasines, les sources deviennent plus précises, notamment à propos de la restauration entreprise par l’évêché de Lyon au début du IXe siècle.

L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Schéma de l'île avec les structures du monastère avant sa destruction
Avec l'église Saint-Martin et les trois chapelles
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Le Châtelard

Cette restauration fut complétée par l’adoption de la règle de saint Benoît, introduite sur l’île grâce à l’intervention de Benoît d’Aniane. Dès lors, l’abbaye se développa et acquit une importance notable : au Moyen Âge, elle comptait une communauté d’environ une centaine de moines, plusieurs églises furent construites — ou reconstruites —, certaines avec des antécédents plus anciens, et elle disposait également d’un nombre important de prieurés dépendants. Cette période marqua l’apogée de l’établissement ; par la suite, le monastère entra en déclin, adopta le régime de la commende au XVIe siècle et fut sécularisé en 1549, devenant une collégiale.

Le coup décisif survint en 1562, lorsque le site fut assailli et dévasté, entraînant la perte de nombreuses structures, parmi lesquelles l’église principale, Saint-Martin (Saint-Martin-et-Saint-Loup), à laquelle étaient adossés le cloître et la salle capitulaire. La destruction de cette église obligea à transférer les fonctions de la collégiale à l’église de La Madeleine, jusqu’à leur retour en 1620 dans l’église Saint-Martin, reconstruite, dont seul un bras du transept est conservé.

L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Notre-Dame, au sud du complexe
Illustration tirée de Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu’à nos jours (1829)
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Portail de Notre-Dame

La Révolution laissa le site entre des mains privées et il fut transformé en plusieurs résidences. À l’est de l’église Saint-Martin, subsistent les petites églises de La Madeleine et, un peu plus éloignée, celle de Saint-André — aujourd’hui Sainte-Anne —. Sur le côté sud se trouvent les importants vestiges de la chapelle Notre-Dame, fortement remaniée, mais conservant encore son clocher ; elle était autrefois utilisée par les pèlerins. Outre les édifices cultuels, il convient de mentionner les constructions auxiliaires et défensives, qui composent un ensemble architectural remarquable.

L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Mur du cloître
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Portail du réfectoire
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Portail du réfectoire
Illustration tirée de Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu'à nos jours (1829)
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Tympan du portail du réfectoire
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Relief de l'époque romaine
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Relief de l'époque romaine
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Vue d'une église à l'Ile Barbe, (auteur inconnu, XVIIe siècle)
Bibliothèque nationale de France
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Veüe de l'Abaye de Notre-Dame de l'Isle Barbe
Étienne Martellange (1616-1618)
Bibliothèque nationale de France

Diverses sculptures aux Musées Gadagne de Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Couronne de Charlemagne (XIIe siècle)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Couronne de Charlemagne (XIIe siècle)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Linteau (XIe-XIIe siècles)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Chapiteau (XIe siècle)
Musées Gadagne, Lyon
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L’Île-Barbe
Pilier d'Abraham. Abraham (vers 1175)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Pilier d'Abraham. Moïse (vers 1175)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Pilier d'Abraham. Sacrifice d'Abraham (vers 1175)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Ange de l'Annonciation (XIe-XIIe siècles)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Griffon (XIe siècle)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Éléphant (XIe siècle)
Musées Gadagne, Lyon
L’Île-Barbe
L’Île-Barbe
Ours (XIe siècle)
Musées Gadagne, Lyon

Bibliographie:
  • AUBERT, R. (1995). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 25. París: Letouzey et Ané
  • CLERJON, P. (1829). Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu'à nos jours. Vol. 2 . Lió: Laurent
  • COTTINEAU, Laurent-Henri (1936). Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés. Vol. 1. Mâcon: Protat
  • FAVREAU, Robert (2005). Un tympan roman à l'Île-Barbe près de Lyon. Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
  • GAILLARD, Charlotte (2013). L’ancienne abbaye de l’Île-Barbe (Rhône) à la lumière des nouvelles recherches archéologiques. Architecture, décor, organisation de l'espace. Lió: Alpara
  • LE LABOUREUR, Claude (1665). Les masures de l’Abbaye Royale de l’Isle Barbe les Lyon. Lió: Galbit
  • NIEPCE, Léopold (1890). L'Ile-Barbe: son ancienne abbaye et le bourg de Saint-Rambert. Lyon: L. Brun
  • OURSEL, Raymond (1990). Lyonnais, Dombes, Bugey et Savoie romans. La nuit des temps, 73. Zodiaque
  • ROUX, Abbé J. (1844). L’Ile Barbe. Album du Lyonnais. Lió. Boitel
  • RUBELLIN, Michel (2003). L’histoire de l’Ile-barbe (Ve-Xe siècle). Église et société chrétienne d'Agobard à Valdès. Lió: Presses Universitaires de Lyon
  • SAINT-MAUR, Congregació de (1725). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 4. París: Typographia Regia

Emplacement:
Vista aèria

Les vestiges du monastère de l’Île-Barbe se trouvent sur une île de la Saône, au nord de la ville de Lyon