Monastère présumé de Saint-Pierre d’Extravache

Stratane / Entravachia / Estravache

(Bramans, Savoie)

Saint-Pierre d’Extravache
Saint-Pierre d’Extravache

Malgré l’absence de documentation concluante, Extravache a été considérée comme le siège possible d’un petit monastère au VIIIe siècle, avec des origines remontant aux premiers temps du christianisme en Maurienne et une évolution ultérieure comme chanoinie régulière. La tradition évoque certains épisodes de son histoire, sans toutefois en apporter la preuve. Les vestiges de l’église se trouvent dans un site privilégié, près du tunnel du Fréjus.

Saint-Pierre d’Extravache
Saint-Pierre d’Extravache

L’église Saint-Pierre d’Extravache est située sur un point élevé dominant une vallée qui communique avec celle de l’Arc. Depuis l’Antiquité, ce territoire était traversé par une importante voie de communication qui, par le col du Mont-Cenis, reliait la Maurienne au Piémont (Italie). On a traditionnellement attribué à Extravache une ancienneté reculée, allant jusqu’à la rattacher au passage en ce lieu de l’apôtre saint Pierre, hypothèse invraisemblable. En l’absence de preuves formelles, il est plus vraisemblable que le site ait été occupé par un monastère au VIIIe siècle, que l’on a mis en relation avec celui de Novalaise (Piémont), au-delà du col du Mont-Cenis.

Cet éventuel établissement bénédictin aurait sans doute disparu lors du passage des Sarrasins dans la région au Xe siècle. L’église d’Extravache fut reconstruite au XIe siècle, puis endommagée par un incendie et restaurée au XIVe siècle. À la fin de ce siècle, Jean d’Echaillon est mentionné comme prieur d’Extravache, probablement à une époque où l’établissement fonctionnait déjà comme chanoinie augustinienne. Aucune autre information certaine ne subsiste concernant le possible établissement monastique. Bien que d’autres prieurs soient attestés par la suite, il s’agissait vraisemblablement des responsables de la paroisse. En tout état de cause, l’existence d’un véritable établissement monastique en ce lieu ne peut être considérée comme démontrée.

Saint-Pierre d’Extravache
Saint-Pierre d’Extravache
Saint-Pierre d’Extravache
Saint-Pierre d’Extravache

Le site subit un incendie en 1803 et fut de nouveau touché par le feu. L’église, partiellement conservée, remonte au XIe siècle, avec une restauration au XIVe siècle. Des vestiges de peintures murales subsistent dans l’abside. Bien qu’endommagées par les incendies, ces peintures sont connues grâce à d’anciennes photographies et aux rares fragments conservés. Leur datation reste difficile ; elles correspondent probablement à différentes phases de réfection de l’église. Les ruines d’Extravache furent consolidées dans les années 1930.

Saint-Pierre d’Extravache
Saint-Pierre d’Extravache
Peintures murales
Saint-Pierre d’Extravache
Saint-Pierre d’Extravache
Peintures murales de 1933
Photo de Lavis-Trafford,
Publiée dans Église de Saint-Pierre-d’Extravache

Bibliographie:
  • FAVRE, Joseph (1977). Saint-Pierre d'Extravache, première Chrétienté de Maurienne. Société d'histoire et d'archéologie de Maurienne, vol. XVIII. Saint-Jean-de-Maurienne
  • LAVIS-TRAFFORD, A. (1933). Église de Saint-Pierre-d'Extravache. Contribution a son histoire et étude de sa toponymie. Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, vol. LXX
  • OURSEL, Raymond (1990). Lyonnais, Dombes, Bugey et Savoie romans. La nuit des temps, 73. Zodiaque
  • PAULET, Jacques (1933). Le curieux passé d'une vallée perdue de la Haute-Maurienne. Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, vol. LXX

Emplacement:
Vista aèria

Les vestiges de l’église d’Extravache se trouvent à Bramans, sur un site élevé, près du tunnel du Fréjus, entre Grenoble et Turin