Veue de l'abbaye de Lestoile, de l'Ordre de Prémontré
Louis Boudan (1695)
Bibliothèque nationale de France
L’abbaye prémontrée de l’Étoile fut fondée en 1130 grâce à l’intervention de Thibaud de Champagne, personnage lié à Norbert de Xanten, fondateur de cet ordre, avec la collaboration de Geoffroy de Grisegonelle, comte de Vendôme († 1145). Le site était auparavant occupé par une maison bénédictine, attestée au moins jusqu’en 1114, qui fut ensuite occupée par une communauté de chanoines réguliers de saint Augustin, remplacée finalement par les Prémontrés. La disparition de la documentation ne permet pas de connaître en détail son histoire.
L’abbaye fit l’objet de plusieurs confirmations pontificales, la plus ancienne datant de 1147. Ce fut une maison modeste qui subit les conséquences des conflits ayant affecté la région en 1362, 1519 et 1570 ; outre les dommages matériels, ses archives furent également perdues. L’introduction du régime de la commende, en 1559, ne favorisa pas son redressement. Malgré cela, en 1725, elle participa à l’implantation de cet ordre à l’abbaye augustinienne de Saint-Georges-du-Bois. Elle fut supprimée en 1790 à la suite de la Révolution. Elle devint ensuite une résidence seigneuriale, construite avec des matériaux provenant de l’ancien monastère, tandis que l’église médiévale fut conservée. À la fin du XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ, elle retrouva temporairement une vie monastique grâce à une communauté venue de l’abbaye Saint-Michel de Frigolet (Bouches-du-Rhône). Elle est aujourd’hui une propriété privée.
- ARDURA, Bernard (1993). Abbayes, prieurés et monastères de l'ordre de Prémontré. Nancy: Presses U. De Nancy
- AUBERT, R. (1963). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 15. París: Letouzey et Ané
- BACKMUND, Norbert (1956). Monasticon Praemonstratense Vol. 3. Straubing
- BEAUNIER, Dom (1905). Recueil historique des Archêvechés, Évêchés, Abbayes et Prieurés de France. Vol. 1. Province ecclésiastique de Paris. París: Poussielgue
- ROCHAMBEAU, Achille de (1894). Le Vendômois: épigraphie et iconographie. París: Champion
- SAINT-MAUR, Congregació de (1744). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 8. París: Typographia Regia
- SAINT-VENANT, R. de (1896). Une excursion a Authon, St. Arnoult, Montoire & St-Georges-des-Bois. Bulletin de la Société Archéologique Scientifique et Littéraire du Vendomois. Vol. XXXV. Vendôme
Couvent de dominicains fondé à Blois en 1273 par Jean I de Châtillon (comte de Blois, 1256-1279), qui leur céda l'ancienne église paroissiale Saint-Gervais. L'ensemble fut ensuite agrandi par l'acquisition de terrains voisins, où furent élevés les bâtiments conventuels, avec une église à nef unique. Après la Révolution, l'église disparut, tandis que les autres bâtiments conventuels furent transformés en caserne. Aujourd'hui, les édifices conservés abritent une bibliothèque et un musée.
- BERGEVIN, Louis Catherine (1846). Histoire de Blois, vol. 1. Blois: Dézairs
- LA SAUSSAYE, Louis de (1846). Histoire de la ville de Blois. Blois
- ROHAULT DE FLEURY, Georges (1903). Gallia Dominicana. Les couvents de St. Dominique au Moyen Âge. Vol. 1. París
Prieuré de bénédictines établi à Mennetou-sur-Cher (Loir-et-Cher), dépendant de l'abbaye de Beaumont (Tours, Indre-et-Loire). Toulgoët lui attribue une origine très ancienne, la faisant remonter à l'époque de Charlemagne, voire au VIIᵉ siècle. En 1213, Hervé II, seigneur de Vierzon, le restaura, favorisant le renouveau du prieuré et l'installation d'une communauté renouvelée.
En 1564, Mennetou fut rattaché à la congrégation de Chezal-Benoît. À partir du XVIIᵉ siècle, la communauté occupa également l'ancien château seigneurial. Le prieuré subsista jusqu'à la Révolution, bien qu'il fût déjà en déclin. On conserve quelques bâtiments adossés à l'enceinte médiévale, à l'église et à la porte Bonne-Nouvelle. La Grange aux Dîmes, où étaient perçus les impôts, est également conservée.
- AUBERT, Marcel (1912). L'enceinte de Mennetou-sur-Cher. Bulletin monumental, vol. 76. Société française d'archéologie
- AUBERT, Marcel (1926). Mennetou. Congrès archéologique de France, 88 ss. Blois. Société française d'archéologie
- BEAUNIER, Dom (1912). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 5. Bourges. Abbaye de Ligugé
- TOULGOËT, Émile de (1884). Histoire de Vierzon et de l'abbaye de Saint-Pierre. París: Picard
- TOULGOËT, Émile de (1888). Mennetou-sur-Cher, le prieuré, la châtellenie. Revue du Centre, núm. 4. Châteauroux
Guichia / la Guiche en Blaisois / Garde Notre-Dame
(Valloire-sur-Cisse, Loir-et-Cher)
Le monastère de clarisses de Notre-Dame de la Guiche fut fondé en 1273 par Jean Ier de Châtillon, comte de Blois (1256-1279), à la suite d'un événement considéré comme miraculeux, au cours duquel une image de la Vierge fut découverte. La communauté fut constituée de religieuses venues de l'abbaye de Longchamp (Paris), fondée quelques années auparavant. L'église fut consacrée en 1277. Sous le pontificat de Martin IV (1281-1285), le monastère obtint le privilège d'exemption et fut placé sous l'autorité directe du Saint-Siège ; la première abbesse, Julienne de Troyes (1285-1301), fut également nommée à cette époque. À la mort du fondateur, celui-ci fut inhumé dans l'église, qui devint la nécropole de la maison comtale.
Peinture à fresque, à l'abbaye de la Guiche en Blaisois
Collection Gaignières
Bibliothèque nationale de France
En 1345, la communauté se réfugia temporairement à Blois en raison de l'instabilité provoquée par la guerre de Cent Ans. Durant la seconde moitié de ce siècle, des travaux de restauration furent entrepris. En 1561, le monastère fut pillé par les huguenots et entra dès lors dans un déclin dont il ne se releva jamais. En 1774, l'entrée de nouvelles religieuses fut interdite et, l'année suivante, l'évêque de Blois rattacha ses revenus au séminaire diocésain. En 1787, le monastère fut supprimé canoniquement, décision contestée par la communauté. À la Révolution, en 1792, le domaine fut vendu comme bien privé et appartient encore aujourd'hui à des particuliers. Il subsiste actuellement le cellier, adossé à une galerie du cloître, ainsi que plusieurs vestiges sculptés, parmi lesquels le tombeau du fondateur.
- AUBERT, R. (1988). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 22. París: Letouzey et Ané
- BEAUNIER, Dom (1905). Recueil historique des Archêvechés, Évêchés, Abbayes et Prieurés de France. Vol. 1. Province ecclésiastique de Paris. París: Poussielgue
- SAINT-MAUR, Congregació de (1744). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 8. París: Typographia Regia













