L’origine de l’abbaye bénédictine Notre-Dame de Fontgombault remonte aux environs de l’an 1000 lorsque, selon la tradition, cet endroit était occupé par l’ermite Gombaud. Avec le temps, d’autres ermites se rassemblèrent autour de lui. À la fin du XIe siècle, le magister Pierre de l’Étoile dirigeait une colonie érémitique qui possédait une église dédiée à saint Julien du Mans.
Illustration tirée de Légendes des origines de l'abbaye de Notre-Dame de Fontgombaut
Frère d’Isembaud, fondateur de l’abbaye de l’Étoile (Vienne). Il fut en relation avec plusieurs personnalités du monde monastique, notamment Bernard de Tiron († 1116), Robert d’Arbrissel (v. 1045-v. 1117) et Vital de Savigny (v. 1050-1122), fondateur de Savigny (Manche). Il mourut en 1114 et fut inhumé dans la salle capitulaire de Fontgombault. Sa sépulture fut perdue en 1569 à la suite des guerres de Religion, mais elle fut redécouverte en 1954.
En 1091, Pierre de l’Étoile décida de transformer l’ermitage en un monastère bénédictin, établi sur l’autre rive de la rivière, dont il fut le premier abbé. L’un des ermites était probablement Isembaud († 1140), frère de Pierre de l’Étoile, qui quitta Fontgombault vers 1120 pour fonder d’autres abbayes, parmi lesquelles Notre-Dame de l’Étoile (Vienne). Cette maison connut un rapide développement grâce au soutien de la noblesse. Guillaume X d’Aquitaine (1130), Robert de Lisle, vicomte de Blois (1208), ainsi que les comtes de Poitiers, entre autres, contribuèrent à sa prospérité en lui permettant d’accumuler biens et propriétés dans tout le territoire environnant.
Cette situation lui permit de fonder un nombre important de prieurés dépendants. En 1145, le pape Eugène III confirma ses possessions. C’est durant cette période de prospérité que fut construite la grande église monastique, consacrée en 1141. Cette situation favorable se prolongea jusqu’au milieu du XIVe siècle, lorsque Fontgombault fut touchée par la guerre de Cent Ans, malgré ses fortifications. Durant la seconde moitié du XVe siècle, une fois la situation rétablie, le monastère fut restauré. En 1500, le régime de la commende y fut instauré, ce qui provoqua également des épisodes de violence.
Mais le coup le plus dur survint en 1569, lorsque l’abbaye fut occupée par les calvinistes. L’église fut presque entièrement détruite et la communauté dut s’installer dans des bâtiments ruinés, ce qui compliquait le déroulement normal de la vie monastique de la petite communauté qui subsistait encore. Finalement, l’église devint inutilisable et une chapelle fut aménagée. Celle-ci resta en usage jusqu’en 1693, date à laquelle le chœur fut restauré. En 1741, les quatre moines qui résidaient encore sur place quittèrent le monastère. Par la suite, plusieurs tentatives d’implantation de nouvelles communautés eurent lieu, sans succès.
En 1791, le site fut vendu à la suite de la Révolution, ce qui aggrava encore l’état de ruine des bâtiments. En 1849 débuta la restauration matérielle et monastique du lieu avec l’arrivée de moines trappistes, qui y demeurèrent jusqu’à leur expulsion en 1903. En 1948, la communauté bénédictine fut rétablie avec des moines venus de l’abbaye de Solesmes (Sarthe) et, depuis lors, elle appartient à sa congrégation. En 1954, lors des travaux de restauration, le tombeau de Pierre de l’Étoile fut découvert puis transféré et aménagé dans l’église, consacrée à nouveau cette même année.
L’église actuelle conserve la structure du XIIe siècle. Il s’agit d’un édifice à trois nefs ouvrant sur le transept. Au-delà s’étend le chœur, flanqué de deux nefs parallèles au transept. Il est entouré d’un déambulatoire relié aux bas-côtés de l’église. Ce déambulatoire comporte trois chapelles rayonnantes auxquelles s’ajoutent deux chapelles absidiales ouvertes sur les bras du transept. L’ensemble du chevet n’est pas exactement aligné sur l’axe des nefs, mais présente une légère déviation. Les nefs de l’église avaient disparu et furent reconstruites ; seuls les murs latéraux avaient été partiellement conservés. Le portail occidental, en plein cintre et orné d’un décor sculpté, est également médiéval.
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