L'abbaye bénédictine Notre-Dame de Déols (ou de Bourg-Dieu) fut fondée à partir de l'an 917 par Ebbes le Noble (874-935), seigneur de Déols, et son épouse Hildegarde. À cette époque fondatrice, Ebbes dota également le monastère de ressources économiques. Guillaume Ier d'Aquitaine (v. 875-918) et Bernon (v. 850-926), abbé de Cluny (Saône-et-Loire), figurèrent parmi les personnalités qui participèrent à cette fondation. Le rôle de Bernon fut particulièrement important : il fut également abbé de Déols et, à sa mort, Odon de Cluny (v. 878-942) lui succéda dans ces deux fonctions.
En 927, l'église du monastère fut consacrée et, à cette même époque, le roi franc Raoul (890-936) confirma ses privilèges. Déols servit également de lieu de refuge. Vers 933, des moines de l'abbaye Saint-Gildas de Rhuys (Morbihan, Bretagne), fuyant les incursions normandes, y furent temporairement accueillis. Raoul le Large († 959) les transféra à la nouvelle abbaye Saint-Gildas, à Châteauroux, où les seigneurs de Déols avaient élevé un nouveau château après avoir abandonné leurs anciennes possessions de Déols, qui furent alors occupées par ce monastère.
À la fin du Xe siècle, sous Raoul II († 1012), commença la reconstruction du monastère, dont l'église fut consacrée en 1021. Au XIIe siècle, une nouvelle reconstruction fut entreprise et, en 1107, le pape Pascal II consacra un autel de l'église. Celle-ci était un édifice de grandes dimensions, doté d'un atrium, de trois nefs, d'un transept et d'un vaste chœur entouré d'un déambulatoire desservant sept chapelles rayonnantes. En 1211, le clocher s'effondra sans faire de victimes.
Au XVe siècle, l'abbaye subit les conséquences de la guerre de Cent Ans, marquant le début de son déclin. Au XVIe siècle, elle adopta le régime commendataire ; en 1567, elle fut occupée et pillée lors des guerres de Religion. Cette période d'instabilité se prolongea durant plusieurs années et affecta la vie monastique. En 1622, sa sécularisation fut décrétée et l'abbaye passa aux mains d'Henri II de Bourbon-Condé (1588-1646), duc de Châteauroux. Peu à peu, ses bâtiments disparurent. Actuellement, une tour du clocher et quelques éléments du cloître subsistent encore, ainsi que d'autres vestiges de moindre importance.
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