Le prieuré Notre-Dame d’Orsan fut l’une des fondations monastiques de Robert d’Arbrissel (v. 1045-v. 1117), établie en 1107 avec l’étroite collaboration de Léger, archevêque de Bourges de 1099 à 1120. Pour sa création, les fondateurs reçurent d’Allard de Châteaumeillant la donation de terres, à la condition qu’elles fussent occupées par des moniales de Fontevraud (Maine-et-Loire), abbaye fondée peu auparavant par Robert d’Arbrissel.
Agnès de Châteaumeillant, moniale de Fontevraud, fut placée à la tête de la nouvelle communauté en qualité de prieure. Dans un premier temps, les religieuses disposaient de bâtiments provisoires, mais la construction des bâtiments conventuels définitifs commença rapidement. L’église était achevée en 1113, année de sa consécration, à laquelle assistèrent notamment Robert d’Arbrissel et Léger. En 1116, ou peut-être en 1117, Robert d’Arbrissel mourut en ce lieu. Son corps fut enseveli à Fontevraud, tandis que son cœur demeura à Orsan. À la mort de Léger, en 1120, celui-ci fut également inhumé dans le prieuré.
Au cours de cette première période, Orsan connut quelques différends avec l’abbaye Notre-Dame de Déols (Indre) au sujet de l’attribution de certains droits. Grâce aux nombreuses donations consenties par les seigneurs locaux, le prieuré réunit par ailleurs un important patrimoine. Comme il était d’usage dans les établissements de l’ordre de Fontevraud, Orsan était une maison de moniales, accompagnée d’une petite communauté de moines chargés du service religieux, dirigée par un prieur demeurant toujours soumis à l’autorité de la prieure. Rien n’indique que le prieuré ait directement souffert des effets de la guerre de Cent Ans.
Selon Armorial général de France (XVIIIe siècle)
Bibliothèque nationale de France
Reliquaire de Robert d'Arbrissel et tombeau de Léger
Illustration tirée de Le prieuré d’Orsan, en Berri (1901)
En revanche, il subit de graves destructions durant les guerres de Religion. En 1569, il fut pillé et incendié et, outre la perte de ses archives, les moniales durent abandonner temporairement les lieux. À leur retour, elles consacrèrent leurs efforts à la reconstruction, sans jamais retrouver la prospérité d’autrefois. Le monastère masculin connut une situation comparable. En 1636, les moines de Fontevraud obtinrent du pape Urbain VIII la cession exclusive de trois prieurés, dont celui d’Orsan, mais cette décision ne fut jamais appliquée et fut finalement suspendue.
Malgré la présence des reliques de son fondateur, auxquelles on attribuait plusieurs miracles et qui faisaient du lieu un but de pèlerinage, Orsan ne parvint pas à surmonter son déclin. À la Révolution, le prieuré fut supprimé et passa entre des mains privées. Aujourd’hui, seuls subsistent quelques bâtiments annexes ; l’église et les bâtiments conventuels ont disparu. Le site, connu sous le nom de Le Prieuré d'Orsan, est aujourd’hui occupé par des jardins aménagés sur l’ancien établissement monastique. Aucun vestige apparent du monastère masculin voisin ne subsiste.
Dans l'église de l'abbaye de Puyferrand
Dans l'église de l'abbaye de Puyferrand
Dans l'église de l'abbaye de Puyferrand
- BEAUNIER, Dom (1912). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 5. Bourges. Abbaye de Ligugé
- CHÉNON, Émile (1878). Notice historique sur Châteaumeillant. Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, vol. VII. Bourges
- DALARUN, Jacques (1984). La véritable fin de Robert d'Arbrissel. Cahiers de civilisation médiévale, núm. 108
- DESHOULIÈRES, François (1902). Le prieuré d’Orsan, en Berri. Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, vol. 25. Bourges: Tardy-Pigelet
- THAUMAS DE LA THAUMASSIÈRE, Gaspard (1689). Histoire de Berry. Bourges: Toubeau





