Prieuré Saint-Martin d’Aime

Axima / Ayma / Ayme

(Aime-la-Plagne, Savoie)

Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime

Aime est située dans la vallée de l’Isère, voie de passage reliant ce territoire à la vallée d’Aoste (Italie) par le col du Petit-Saint-Bernard. En ce lieu s’élève l’église Saint-Martin, qui fut le siège d’un prieuré bénédictin.

Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime

Les vestiges les plus anciens identifiés à l’emplacement actuel de l’église correspondent à un édifice d’époque romaine, interprété comme un temple ou une basilique. Il s’agirait d’un espace simple à nef unique qui, au fil du temps, fut modifié et agrandi. Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, des fouilles mirent au jour des structures liées à l’antique Axima, capitale développée grâce à la voie de communication vers la vallée d’Aoste. Cette construction tomba en ruine et fut abandonnée.

Selon la tradition, une première église aurait été fondée en ce même lieu à l’époque de Jacques de Tarentaise (ou Jacques d’Assyrie), personnage originaire d’Orient qui aurait accompagné saint Honorat au monastère de Lérins (Alpes-Maritimes). En 420, il se rendit à Tarentaise et est considéré comme le premier évêque de ce diocèse ; vénéré comme saint, il est associé à la fondation de cette chapelle primitive. Quoi qu’il en soit, vers le VIe siècle, une église très modeste s’élevait déjà sur les vestiges romains.

Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime

Vers 1019, un prieuré bénédictin y fut fondé et l’édifice antérieur profondément transformé. La nouvelle construction adopta un plan à trois nefs et trois absides, avec crypte, constituant un ensemble architecturalement élaboré. La maison dépendait de l’abbaye de San Michele della Chiusa (Piémont). On connaît des prieurs du XIVe siècle jusqu’à la Révolution. Cela n’implique pas nécessairement l’existence d’une communauté stable ou d’un moine résident à Saint-Martin ; il est probable que, dans la dernière période, le prieuré ne fût plus qu’un titre bénéficial. Après la Révolution, le lieu fut désaffecté et vendu.

À partir de 1860, les vestiges furent étudiés et publiés par Étienne-Louis Borrel, puis l’église fut restaurée. Aujourd’hui subsiste une remarquable église romane. L’édifice est désormais à nef unique, en raison de la disparition des bas-côtés et de la fermeture des espaces entre les anciennes colonnes ; toutefois, les trois absides et la crypte sont conservées. Certains murs gardent des peintures murales, et l’on distingue encore des vestiges des constructions antiques.

Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Fresques du chœur
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Fresques du chœur
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Crypte
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Crypte
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Crypte
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Abside latérale
Saint-Martin d’Aime
Saint-Martin d’Aime
Structures romaines

Diagramme de l'évolution du plan de l'église Saint-Martin-d'Aime
Saint-Martin d’Aime
Le bâtiment romain
Saint-Martin d’Aime
La première chapelle (VIe siècle)
Saint-Martin d’Aime
Basilique romane
Saint-Martin d’Aime
Église actuelle

Bibliographie:
  • BAUDRILLART, Alfred (1909). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 1. París: Letouzey et Ané
  • BESSE, J.-M.; i altres (1939). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 9: Province ecclésiastique de Vienne. Abbaye de Ligugé
  • BORREL, Étienne-Louis (1884). Les monuments anciens de la Tarentaise (Savoie). París: Ducher
  • DEBEAUVAIS, Pierre (1981). Saint-Martin-d'Aime. Chambéry: SSHA
  • DESCHAMPS, Paul (1965). Les peintures murales de l'église Saint-Martin, à Aime. Congrès archéologique de France. 123 ss. Société française d'archéologie
  • EMPRIN, J.-M. (1913). Le Prieuré de Saint-Martin à Aime. Notes historiques. Recueil des mémoires et documents de l'Académie de la Val d'Isère. Moutiers
  • MORTAMET, J.-G. Savoie (1984). La restauration des couvertures de la basilique Saint-Martin d'Aimé. Bulletin Monumental, vol. 142
  • TARDIEU, Joëlle (1983). Savoie. La basilique Saint-Martin d'Aimé. Bulletin Monumental, vol. 141
  • VALLERY-RADOT, Jean (1965). L'église Saint-Martin, à Aime. Congrès archéologique de France. 123 ss. Société française d'archéologie

Emplacement:
Vista aèria

Aime se situe dans la vallée de l’Isère, entre Moûtiers et Bourg-Saint-Maurice