La maison canoniale augustinienne de Saint-Amand-de-Coly est l’un des trois monastères qui, selon la tradition, auraient été fondés par les moines Sour, Amand et Cyprien, lesquels avaient renoncé à la vie communautaire pour se consacrer à l’érémitisme. Le premier a fondé le monastère de Terrasson, le second celui de Saint-Amand-de-Coly et le troisième celui de Saint-Cyprien, tous trois situés en Dordogne. D’après le récit, Amand serait mort à la fin du VIe siècle. Aucun document relatif à ce premier établissement n’a été conservé, mais on considère qu’il a été détruit par les Normands en 857.
Il est possible que le monastère ait été restauré au cours de la première moitié du Xe siècle sous l’impulsion de l’abbaye de Cluny, et il est certain qu’il existait déjà en 1048. Cette année-là, il apparaît dans le rotulus de l’abbé Oliba, décédé à Saint-Michel de Cuxa en 1046. Probablement, à la fin du XIe siècle, Saint-Amand adopta la règle de Saint Augustin et devint une maison canoniale augustinienne. En 1125, un autre document mentionne son abbé, Guillaume, considéré comme le bâtisseur de l’église qui subsiste encore aujourd’hui. Aux XIIIe et XIVe siècles, le monastère connut une longue période de prospérité et comptait jusqu’à dix-neuf prieurés sous son autorité. En 1280, il abritait une communauté d’une vingtaine de membres.
Pendant les troubles de la guerre de Cent Ans, le monastère fut fortifié. Malgré ces mesures de protection, il subit d’importants dommages et, au milieu du XVe siècle, il était en très mauvais état : le cloître avait disparu et il ne restait plus qu’un seul moine. Au XVIe siècle, des travaux de restauration furent entrepris avec le soutien de la noblesse locale. Cependant, l’introduction du régime commendataire ne facilita pas son redressement et eut un impact négatif sur la discipline de la communauté. Plus tard, au cours du même siècle, il subit les effets des guerres de Religion, lorsque les huguenots l’occupèrent militairement. Il fut ensuite restauré, mais en 1789, avec l’arrivée de la Révolution française, l’abbaye était en plein déclin. L’église fut transformée en paroisse et ses biens furent vendus. Depuis le XIXe siècle, elle a fait l’objet de plusieurs restaurations.
De l’ancienne abbaye, seuls l’église et les remparts ont survécu, les autres bâtiments monastiques ayant presque entièrement disparu. L’église se distingue par ses proportions impressionnantes et par la puissance de sa façade occidentale, qui comporte une chambre haute. C’est un édifice à nef unique, allongé et de hauteur considérable. À l’intérieur, le sol suit une légère pente ascendante menant au sanctuaire, qui se termine par un chevet de plan carré. L’église possède également un transept avec deux absides polygonales.
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