Abbaye Saint-Vincent de Nieul-sur-l'Autise
Niolium super Altisiam / Nieuil
(Nieul-sur-l'Autise, Vendée)
La maison augustinienne de Nieul-sur-l'Autise fut fondée en 1068 par Airaud Gassedenier, seigneur de Vouvant, moment où elle fut également dotée de biens afin d’en assurer le développement. Ce soutien économique fut renforcé par d’autres personnalités de l’époque, notamment le comte Guillaume VI de Poitiers (1024-1086), également duc d’Aquitaine. C’est dans ce contexte que fut édifiée l’église romane conservée aujourd’hui, bien que remaniée.
Une tradition situe à Nieul le lieu de naissance d’Aliénor d’Aquitaine (1124-1204), fille du duc Guillaume X d’Aquitaine, reine consort de France et d’Angleterre et mère de Richard Cœur de Lion. Elle mourut à l’abbaye de Fontevraud (Maine-et-Loire), où elle fut inhumée. On admet toutefois que Nieul fut le lieu de sépulture de sa mère. En 1141, Louis VII (1120-1180), époux d’Aliénor, plaça l’établissement sous sa protection.
Au cours du XIIIe siècle, Nieul participa, avec Maillezais (Vendée), L’Absie et Saint-Maixent (toutes deux dans le département des Deux-Sèvres), ainsi que d’autres monastères, à l’assèchement des marais qui occupaient une grande partie de ce territoire, travaux qui se prolongèrent durant de nombreuses années, jusqu’à l’époque moderne. En 1317, avec la création du diocèse de Maillezais, la maison cessa de dépendre de Poitiers et passa sous l’autorité du nouveau diocèse, établi sur l’ancienne abbaye bénédictine. Durant le troisième quart du XVIe siècle, l’ensemble fut directement touché, également sur le plan économique, par les guerres de Religion, moment où le chevet de l’église fut perdu.
Au milieu du XVIIe siècle, des travaux de restauration furent entrepris dans les bâtiments monastiques, parmi lesquels la reconstruction des voûtes de la salle capitulaire. En 1666, le diocèse de Maillezais fut transféré à La Rochelle ; pour cette raison, en 1715, lorsque le pape Clément XI sécularisa la maison, ses biens furent administrés depuis le nouveau diocèse. À cette époque, les bâtiments présentaient un état de conservation dégradé. La suppression de la maison canoniale devint effective en 1720. Après son abandon à la suite de la Révolution, le site resta sous la responsabilité d’un clerc. Au milieu du XIXe siècle, les vestiges importants de l’abbaye furent protégés, et depuis 1968 ils sont propriété publique.
D’importantes structures du monastère sont conservées. L’église ne préserve que les trois nefs d’époque médiévale : certains éléments remontent au XIe siècle, mais l’essentiel de l’édifice date du siècle suivant. La façade a été modifiée et le chevet est une reconstruction du XIXe siècle. Au sud de l’église se trouve le cloître, entouré d’autres bâtiments ; la salle capitulaire se distingue particulièrement, avec une voûte refaite au XVIIe siècle. Le réfectoire fut détruit lors des guerres de Religion et seul subsiste le mur adossé au cloître.
Publié dans Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle
Bibliothèque nationale de France
Principaux monastères ayant participé aux travaux
1 - Abbaye de Luçon
2 - Abbaye de Moreilles
3 - Abbaye de Nieul-sur-l'Autise
4 - Abbaye de Maillezais
5 - Abbaye de Saint Michel en l'Herm
6 - Abbaye de Charron
7 - Abbaye de Lieu-Dieu
8 - Abbaye des Chaumes
9 - Abbaye de La Grâce-Dieu
- ARNAUD, Charles (2013). Petite histoire de l'abbaye de Nieuil-sur-l'Autize. Cressé: Ed. des Regionalismes
- AUZAS, Pierre-Marie (1956). Les églises de Vouvent, Nieul-sur-l’Autize et Foussais. Congrès archéologique de France, 114 ss. Société française d'archéologie
- BEAUNIER, Dom (1910). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 3: Auch, Bordeaux. Abbaye de Ligugé
- CLOUZOT, Étienne (1904). Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle. Niort: Clouzot
- DILLANGE, Michel (1976). Vendée romane. La nuit des temps, 44. Zodiaque
- MONBAIL, Émilien de (1843). Notes et croquis sur la Vendée. Niort: Robin
- SAINT-MAUR, Congregació de (1720). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 2. París: Typographia Regia






















